3 Juillet 2018

Présentation du programme

Le 21e siècle a vu la montée en puissance de nouvelles nations sur le marché du lancement des satellites (Chine, Inde, Japon) et l'émergence de sociétés privées aux États-Unis (Space X, Blue Origin). L'ère du « low cost » est arrivée. Afin de conserver son indépendance d'accès à l'espace et répondre à ses besoins institutionnels (placements de satellites en orbite basse et moyenne), l'Agence Spatiale Européenne (ESA) a décidé de lancer le programme Ariane 6 lors de la Conférence ministérielle qui s'est tenue au Luxembourg le 2 décembre 2014. Les choix techniques ont reposé sur les analyses de concepts menées conjointement par le CNES, l'ESA et l'industrie durant 2 ans.

Au niveau économique, l'objectif visé est ambitieux : un coût de lancement au kg divisé par 2 par rapport à Ariane 5. Pour y parvenir, le programme Ariane 6 mise sur :

  • la capitalisation de technologies éprouvées ;
  • l'introduction d’innovations technologiques telle que la fabrication par impression 3D pour le générateur à gaz du moteur Vulcain 2.1 ou le soudage des réservoirs par friction malaxage ;
  • une nouvelle gouvernance avec, notamment, une autonomie plus forte de l'industrie dans la phase de conception et de fabrication du lanceur.

2 versions du lanceur

Afin de donner de la flexibilité à l’opérateur Arianespace pour répondre aux besoins de ses clients, qu’ils soient commerciaux ou institutionnels, il a été décidé de décliner le lanceur en 2 versions : Ariane 62 et Ariane 64. Dotée de deux boosters, Ariane 62 sera une alternative à Soyouz pour placer sur des orbites basses et moyennes des satellites institutionnels (satellites scientifiques et d'observation de la Terre) tout en offrant aux clients commerciaux la possibilité d'emport d'une charge utile de 4,5 tonnes en orbite géostationnaire.

Dotée de 4 boosters, Ariane 64 aura une capacité d'emport de 11,5 tonnes vers l'orbite de transfert géostationnaire et jusqu'à 20 tonnes en orbite basse et moyenne. Ariane 64 assurera ainsi la continuité du marché d'Ariane 5, à savoir le lancement de satellites de télécommunications. Le nouveau moteur réallumable de l'étage supérieur d'Ariane 6, appelé Vinci, offrira une souplesse supplémentaire à Arianespace pour répondre aux demandes, toujours plus diverses, de ses clients par rapport aux orbites visées et aux missions comme les constellations de satellites. Le Vinci permettra également de respecter la Loi sur les Opérations Spatiales (adoptée en 2008) avec la désorbitation en fin de mission.

Calendrier provisoire

Le cahier des charges du programme Ariane 6 est ambitieux en terme de disponibilité calendaire : objectif d’un premier lancement en 2020 depuis le Centre Spatial Guyanais pour atteindre dès 2023 une cadence de 11 tirs par an. La phase de transition avec Ariane 5 est prévue pour durer jusqu'en 2022.

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