5 Octobre 2021

[Lanceurs] Le cycle vertueux de l’eau sur l’ELA 4

La base de lancement d’Ariane 6 accueille des installations spécifiques pour optimiser la gestion de l’eau utilisée lors des déluges. La station de traitement d’eau met en œuvre des procédés technologiques de pointe qui contribuent à préserver l’environnement du site.
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Vue de l'ELA 4. Crédits : CNES

La maîtrise des impacts environnementaux des lancements fait partie des objectifs prioritaires du programme Ariane 6. Parmi les innovations majeures, le nouveau pas de tir dispose d’un système de gestion de l’eau conçu pour atténuer au maximum les effets du déluge activé au moment du décollage du lanceur et du rinçage de la zone de lancement. Le déluge, indispensable, consiste à libérer d’importantes quantités d’eau pour amortir les phénomènes acoustiques thermiques qui se produisent lors de l’allumage des moteurs. Cette eau, qui représente un volume d’environ 20 m3 par seconde, est pompée dans la réserve de la Roche Nicole. Récupérée dans les carneaux après le décollage, elle fait l’objet d’un traitement qui élimine tous les polluants générés par la combustion du propergol au décollage, puis retourne au milieu naturel conformément à la réglementation environnementale.

La station de traitement des eaux implantée sur le site de l’ELA 4 est entièrement automatisée et utilise les meilleures technologies disponibles. Ce type de technique est à la pointe du progrès sur le plan environnemental, et aussi de la sécurité et de la fiabilité des interventions.

Jean-François Bourg, chargé d’affaires infrastructures réseau au CNES

Récupération, traitement, restitution

L’eau recueillie au fond des carneaux contient différents polluants : alumine, acide chlorhydrique et des résidus de métaux. De là, elle est pompée automatiquement vers la station de traitement pour être assainie. L’opération consiste d’abord à neutraliser l’eau, qui présente une forte acidité, puis à agglomérer les matières polluantes et les faire décanter. Avant d’être rejetée, l’eau ainsi dépolluée est encore filtrée dans des filtres à sable pour s’assurer que toutes les matières en suspension ont bien été éliminées. « On procède également au séchage des boues au moyen d’un filtre presse, ce qui limite la quantité de déchets solides, ajoute Jean-François Bourg. Ceux-ci sont ensuite envoyés en métropole où une entreprise prestataire les prend en charge. » La station a une capacité de traitement de 15 m3/heure qui permet de réaliser l’ensemble de ces opérations en moins de 6 jours en fonctionnant 24 h sur 24. Tout un système de supervision avec des capteurs et des compteurs assure en permanence le bon fonctionnement de l’installation.

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Station de pompage Crédits : CNES

Le saviez-vous

L’eau pompée dans la carrière de la Roche Nicole a plusieurs utilisations sur l’ensemble de lancement. Une partie est dirigée vers la station de pompage qui alimente les réseaux d’incendie de la base spatiale. Une autre partie est destinée à la station de potabilisation pour produire l’eau potable pour la consommation humaine et sanitaire. Le reste sert à remplir le château d’eau de la zone de lancement. Haut de 90 m et d’une capacité de 1200 m3, celui-ci assure la fonction de déluge et de rinçage au moment du décollage du lanceur. 

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Lanceur - image d'illustration Crédits : Alena Butusava

Série Lanceurs

Qu’on les nomme lanceurs ou fusées, cette activité du CNES - qui contribue à garantir l’accès autonome à l’espace de la France et de l’Europe - est en constante évolution. Nous vous proposons de découvrir son actualité via une série d’articles. Vous y lirez tous les détails sur le nouveau lanceur Ariane 6 et sa base de lancement et vous familiariserez avec les innovations et ruptures technologiques qui nourriront les futurs programmes à l’horizon 2030.

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